[recto]

[main de Piero]

  Al nome di Dio, amen. Dì 4 di febraio 1398.

 Padre mio, Idio v’aiuti sempre! Ò udito da mio padre che mmi volete ora e ciò che farete voi due, sono contento, e volentieri(a) vengo a voi e mona Margherita, e farò sì che no∙ m’arete a dire : “O come ti stavi?”. È vero che da(b) Ogni Santi in qua ò cominc[i]ato aparare a scrivere. Vorrei aparare anche qualche mese sì che la lettera mia non paresse d’uno piçicagnolo. E pur ora, se non ch’io ò lo inançi vi parebono le mie lettere cichaloni di que’ maschi e anche fo con regolo e tuttavia(c) sudo sì mi pesa questa vanga. E pertanto sta a voi. Io sono de’ partitori all’abacho e almeno a Pasqua saprò un pocho meglio, ma io sono presto e mai non mi istarò s’io dovesse tutto dì ischalçare e ricalçare(d) que’ melaranci. Idio v’aiuti! E promettovi che mentro ch’io viverò, dirò per voi ogni dì uno paternostro anche(e) io(f). Che Dio vi facc[i]a graçia!

 Il vostro servo Piero di ser Lapo.

 

[verso]

[adresse]

 Francescho di Marcho mercatante in Prato, padre e maestro mio

[main différente de celle de Francesco ; date de réception]

 1398, da Firenze, a dì 5 di febraio.

 

a . i final corr. sur un autre caractère inachevé.

b . Mot suivi de oc rayé.

c . u corr. sur ta.

d . Premier a corrigé sur l.

e . Avec h et e quasiment écrits l’un sur l’autre.

f . Suivi de e rayé.

[recto]

[main de Piero]

  Au nom de Dieu, amen. Le 4 février 1398 [1399 st. m.].

 Mon cher père, Dieu vous aide à jamais! J’ai appris de mon père que vous souhaitez m’accueillir à présent. Ce que vous ferez tous les deux, je l’accepte. Je viens volontiers vivre avec vous et monna Margherita et me comporterai de façon que vous n’aurez pas à me dire : “Mais comment vivais-tu jusqu’ici?”. Il est vrai que depuis la Toussaint j’ai commencé à apprendre à écrire. Je voudrais encore apprendre quelques mois pour que mon écriture ne ressemble pas à celle charcutier. Même à présent, si ne j’avais pas [un modèle?] sous les yeux, mes lettres vous feraient penser à de grosses cigales mâles ; j’utilise aussi la règle1, mais je transpire tant cette bêche me pèse entre les doigts. Donc c’est à vous de décider. Je suis dans la dernière classe d’abaque et à Pâques au moins j’en saurai un peu plus, mais je suis prêt et je ne resterai pas inactif, même s’il fallait déterrer et et renterrer tous ces orangers toute la journée ­- Dieu vous aide! Et je vous promets que tant que je vivrai je dirai chaque jour pour vous un notre père moi aussi. Dieu vous donne sa grâce!

 Votre serviteur Piero di ser Lapo.

[verso]

[adresse]

 Francesco di Marco, marchand à Prato, mon père et mon maître

[main différente de celle de Francesco ; date de réception]

 1398, de Florence, le 5 février.

 

1 . De fait des lignes tracées à la mine de plomb apparaissent nettement pour délimiter les marges et les lignes du texte.